Vivre entre France et Allemagne : l’Histoire de Madeleine RENNES
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Aujourd'hui, je vais vous raconter l'histoire de mon arrière-arrière-arrière-grand-mère maternelle, Madeleine RENNES. Elle est née le 13 août 1835 à Creutzwald, dans le département de la Moselle. Madeleine est la fille de Georges Jean RENNE(S) et Christine BERVICK.
Sa naissance est déclarée dès le lendemain par Anne Marie PENNCA (ce patronyme ne me semble pas certain, avis à ceux qui peuvent m'aider à me le déchiffrer), elle est âgée de 53 ans, sans profession, et elle est accompagnée de Pierre SCHOLL, qui a 30 ans, il est tailleur d'habit, et de Jean RIMMEL, agé de 42 ans, chantre de profession. Ce métier consiste à cette époque de chanter à l’église et aider le curé pendant les offices.
Madeleine a grandi dans ce village entourée de ses frères et sœurs. Même si les archives de cette période sont lacunaires et que je ne connais pas toute sa fratrie, je sais qu’elle était la petite dernière de cette fratrie.
Le 31 décembre 1857, à 1h du matin, à l'âge de 22 ans, Madeleine donne naissance à son premier enfant, Joseph RENNES, mon arrière-arrière-grand-père.
Dans l'après-midi, la naissance est déclarée par Marie Barbe ROD, âgée de 42 ans, qui est la sage-femme du village de Creutzwald. Dans cet acte, elle ne mentionne pas le nom du père.
La sage-femme est accompagnée de François BUTTERBACH, 41 ans, cordonnier, et de Michel MULLER, 49 ans, cultivateur, tous les deux du village.
Le 20 mai 1863, âgée de 27 ans et sans profession, Madeleine RENNES épouse à Creutzwald Jean MEICHELBECK, originaire lui aussi de la commune.
Ses parents, Georges Jean RENNE(S) et Christine BERVICK, sont présents et donnent leur consentement au mariage. Ce jour-là, les époux légitiment officiellement mon aïeul, Joseph RENNES, né quelques années plus tôt, qui devient alors Joseph MEICHELBECK.
Cet acte de mariage me montre également que Madeleine sait signer, ce qui est une information précieuse pour cette époque, surtout pour une femme.
Après leur mariage, le couple a plusieurs enfants : François (1864‑1885), Henri (1866‑1949), Jean-François (1868‑1892), Maria (1872‑1874) et Victor (1877‑après 1909). Toutes ces naissances ont lieu à Creutzwald, où le couple vit toujours.
Plusieurs de ces enfants meurent jeunes, comme François à 21 ans, Jean-François à 23 ans et la petite Maria à seulement 2 ans, ce qui nous rappelle à quel point la vie restait difficile et fragile au XIXᵉ siècle.
Après 1871, Creutzwald passe sous l'administration allemande à la suite du Traité de Francfort.
La région change alors de souveraineté. On ne quitte pas la France, mais c’est l’Allemagne qui s’installe. C’est dans ce contexte que sa mère, Christine BERVICK, décède à l'âge de 72 ans, le 3 septembre 1873 et son père, Georges Jean RENNES, lui décède à l'âge de 82 ans, le 9 janvier 1875.
Pour les habitants, c’est un changement important dans la vie de tous les jours.
Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur ce traité, vous pouvez consulter mon article :
Vous pouvez voir des informations en vidéo en cliquant sur ce lien :
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Après le décès de ses parents, Madeleine doit participer au partage des biens familiaux.
Le 15 août 1875, je la retrouve dans la presse " La Gazette de la Lorraine " pour annoncer la vente de la maison familiale, de plusieurs terres situées dans le ban de Creutzwald et d’un pré placé dans le ban de Bécus, du côté prussien.
Madeleine est citée comme cohéritière, aux côtés de sa sœur Catherine, de ses frères Victor et Georges, qui lui, est mentionné mais sans domicile connu, ce qui me laisse penser qu’il n’est pas présent à la procédure. Son mari, Jean MEICHELBECK, la représente officiellement, comme la loi l’impose aux femmes mariées à cette époque.
Le 10 septembre 1875, l’adjudication est confirmée et les biens sont officiellement mis en vente selon les règles en vigueur.
Cette adjudication signifie pour Madeleine la fin des biens transmis par ses parents, dans une Moselle devenue allemande. Les actes sont désormais rédigés selon les règles prussiennes, et les montants apparaissent en francs et en marks. On voit alors la famille RENNE se séparer progressivement de ses biens en Moselle.
Source :
Le 3 février 1880, Madeleine perd sa sœur Catherine, veuve d’Eugène RUPP, âgée de 60 ans, décédée à Montreuil-sous-Bois, dans le département de la Seine-Saint-Denis.
L’acte est déclaré par leur frère Victor RENNE. Je ne sais pas si Madeleine a pu être présente à l’inhumation. Sa sœur avait été naturalisée française l’été 1872, et elle vivait en région parisienne depuis, loin du reste de la famille qui est restée en Moselle.
Les années passent, et Madeleine voit ses enfants grandir.
Le 23 juillet 1887, elle perd son époux, Jean MEICHELBECK âgé lui de seulement 52 ans.
À 51 ans, Madeleine se retrouve veuve et seule pour veiller sur leurs derniers enfants encore dans le foyer. C'est son fils Henri qui se rend à la mairie de Creutzwald pour y déclarer le décès.
Le 17 décembre 1887, Madeleine RENNES est admise à l’asile de Gorze.
Elle y reste jusqu’à son décès, le 16 novembre 1888, à l’âge de 53 ans.
La déclaration est transmise à la mairie par un communiqué officiel de l’asile.
L’acte précise qu’elle est décédée à l’asile, sans que l’on connaisse précisément la nature de sa maladie ou de sa situation, et cela me montre qu’elle a passé la fin de sa vie dans cet établissement.
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L’histoire de Madeleine Rennes est celle d’une femme qu’on n’a jamais connue, mais qui fait pourtant partie de nous. Elle n’a rien laissé d’extraordinaire, juste des traces dans les registres, comme des dates, des lieux, et pourtant… ça m'a suffi pour que l’on parle encore d’elle aujourd’hui.
En racontant son histoire, je ne fais pas que remonter le temps, mais je lui rends sa place. Et en même temps, je me rends compte que si je suis là aujourd’hui, c’est aussi grâce à elle.
Et j’ai envie de dire à tout le monde : prenez le temps de chercher, de comprendre, de raconter.
Parce que c’est notre manière à nous de rendre hommage à nos ancêtres, et de ne pas les laisser disparaître.
Parce qu’au fond, ils méritent tous qu’on se souvienne d’eux, peu importe leurs erreurs.
C’est ça, notre vrai hommage.
Pour vous situer dans mon arbre généalogique, voici le détail de mes générations :
5ème génération : Madeleine RENNES (1835-1888), épouse de Jean MEICHELBECK, ↓4ème génération : Joseph MEICHELBECK (1857-1933), époux de Catherine FICHTER, ↓3ème génération : Jean MEICHELBECK (1882-1965), époux de Joséphine Eugénie BOUVIER, ↓2ème génération : Micheline MEICHELBECK (1931-1992), concubine de Guy Blé, ↓1ère génération : Corine Blé, épouse de Lucien BLAINVILLE , ↓ Natacha BLAINVILLE.
5ème génération : Madeleine RENNES (1835-1888), épouse de Jean MEICHELBECK,
↓
4ème génération : Joseph MEICHELBECK (1857-1933), époux de Catherine FICHTER,
↓
3ème génération : Jean MEICHELBECK (1882-1965), époux de Joséphine Eugénie BOUVIER,
↓
2ème génération : Micheline MEICHELBECK (1931-1992), concubine de Guy Blé,
↓
1ère génération : Corine Blé, épouse de Lucien BLAINVILLE ,
↓
Natacha BLAINVILLE.
J'aimerais savoir ce que vous pensez de son histoire et si vous avez des expériences similaires dans votre propre famille.
Partagez vos expériences dans les commentaires !
Très belle histoire, vraiment intéressante à découvrir.
RépondreSupprimerMerci !
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