Sortie de l’Oubli : Madeleine Ernestine THIBAULT
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Aujourd’hui, je vais vous raconter l’histoire de mon arrière‑grand‑mère paternelle, Madeleine Ernestine VÉDIE (THIBAULT).
Elle est née le 3 novembre 1904 à la clinique Tarnier, située au 89 rue d’Assas, dans le 6ᵉ arrondissement de Paris.
C’est, à ma connaissance, la seule de mes aïeules née en clinique.
Elle est la fille naturelle de Jeanne Marie VÉDIE, domestique et domiciliée dans le 16ᵉ arrondissement de Paris.
Sa naissance est déclarée dès le lendemain par deux employés de la clinique.
Le 25 mars 1905, Madeleine est reconnue par sa mère à la mairie du 6ᵉ arrondissement de Paris. Jeanne Marie VÉDIE s'y présente accompagnée de Marie SULLIVAN, femme LYNIS, qui habite comme elle au 8 rue Volney, Paris dans le 2ᵉ arrondissement. Cette démarche confirme officiellement que Madeleine est bien sa fille.
À cette époque, la reconnaissance d’un enfant naturel par sa mère est une démarche courante. La mère doit se présenter elle‑même à la mairie pour confirmer officiellement la filiation. La déclaration faite par la clinique ne suffit donc pas. La reconnaissance se fait en personne, devant l’officier de l'état civil, qui ajoute la mention sur l’acte de naissance. C’est une démarche fréquente lorsque l’enfant est né hors mariage, hors du domicile ou lorsque la mère n’a pas pu se déplacer le jour de la déclaration.
Source :
Le 19 mai 1912, alors que Madeleine est âgée de 7 ans, Louis Auguste THIBAULT se présente à la mairie de Montreuil‑sous‑Bois et il se déclare être le père de Madeleine Ernestine VÉDIE. À partir de ce jour, Madeleine porte le nom "THIBAULT", qui devient son nom de famille officiel pour toute sa vie.
Après sa reconnaissance en 1912, je perds totalement sa trace pendant plusieurs années. Aucun document ne me permet de savoir où elle a passé son enfance, avec qui elle a vécu, son père, sa mère, avec d'autres membres ou amis de la famille ? Les archives restent silencieuses sur toute cette période, et rien ne permet de suivre son parcours avant son âge adulte. Si quelqu’un a des indices, je serai ravie de les connaître.
Je retrouve finalement Madeleine Ernestine THIBAULT dans les registres de la commune de Bagnolet, dans le département de la Seine‑Saint‑Denis, le 21 novembre 1925. Âgée de 21 ans et chiffonnière de métier. Ce jour‑là, Madeleine épouse Marcel Louis BAILLY, mon arrière‑grand‑père. Il a 24 ans et il est journalier.
Son grand‑père maternel, Ernest VÉDIE, est présent lors de cette cérémonie. Ses parents sont présents également et donnent leur consentement. Le couple et leurs témoins ont tous signé l'acte de mariage.
À cette période, Madeleine vit au 246 avenue Galliéni à Bagnolet. Ses parents résident à la même adresse, d'ailleurs Marcel BAILLY aussi. Je ne sais pas exactement qui héberge qui, mais tout le monde semble vivre sous le même toit.
Grâce à une copie du livret de famille conservée par ma grande cousine Monique BAILLY, qui nous a malheureusement quittée l'année passée, j'ai pu observer que Madeleine signe " Made Thibault ".
Était-ce son surnom ? Rien ne me permet de l'affirmer avec certitude mais je peux quand même l'imaginer.
Document de famille
Le 8 septembre 1926, vient au monde ma grand‑mère, Louise Lucienne BAILLY, dite Louisette, au domicile de ses parents, toujours situé au 246 avenue Galliéni à Bagnolet. À ce moment Madeleine est journalière. Marcel Louis BAILLY se rend à la mairie deux jours plus tard, pour déclarer la naissance de sa fille.
Le 23 juillet 1928, voit le jour à son tour Lucien Marcel BAILLY à la maternité d’Elbeuf dans le département de la Seine-Maritime. Madeleine est toujours journalière et le couple habite au 5 rue Léveillé à Elbeuf.
À la même adresse vivent également son oncle maternel André Jules, et Marie VÉDIE.
Cette naissance est déclarée par la sage‑femme Félicie FORNEY.
Malheureusement, le petit Lucien décède le 28 janvier 1929 au domicile familial, situé au 17 rue Élisée‑Reclus à Elbeuf. Ce décès est déclaré par Jeanne Marie VÉDIE, la mère de Madeleine.
Le 19 novembre 1929, Madeleine donne naissance à Louis Marcel BAILLY à la maternité d’Elbeuf.
Son père déclare la naissance dès le lendemain à la mairie.
Le couple est toujours domicilié au 17 rue Élisée‑Reclus.
Madeleine est toujours journalière.
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Quelques années plus tard, peu avant le jour de l'an de l'année 1933, je retrouve la trace de Madeleine dans la presse locale. Elle est domiciliée dans la commune de Bosc-Roger en Roumois dans le département de l'Eure.
Les journaux m'indiquent qu’elle se retrouve seule avec ses enfants après l'abandon de son époux. Cette affaire, je dirais même ce drame a tellement fait parler à l'époque.
Je prépare un article consacré à Marcel Louis BAILLY, il faudra être un peu patient pour en savoir davantage sur ce drame.
Madeleine doit affronter cette situation seule. Peu après l’abandon de son mari, elle devient veuve.
Source :
Malheureusement, le 1ᵉʳ avril 1935, Madeleine Ernestine THIBAULT rend son dernier souffle à seulement l'âge de 30 ans. D’après ce que j’ai entendu dans la famille, elle serait partie d’une maladie pulmonaire. Son acte de décès me confirme qu’elle est décédée à l’hospice d’Elbeuf, ce qui me laisse penser qu'elle était certainement bien malade.
Grâce à ce document, j’apprends qu’elle était devenue infirmière. Ça me montre qu’elle avait réussi à avancer malgré tout ce qu’elle avait vécu ces dernières années.
C’est sa mère, Jeanne Marie VÉDIE qui déclare son décès le jour même à la mairie d'Elbeuf. J’ai vraiment le sentiment qu’elles étaient très proches toutes les deux. Madeleine laisse derrière elle ma grand‑mère et son frère, bien trop jeunes pour se retrouver orphelins.
Pour ceux qui souhaitent en savoir plus, voici l’histoire de sa mère et de son mari :
En retraçant l’histoire de Madeleine Ernestine THIBAULT, je me rends à l’évidence. Elle n’a pas eu la vie facile, mais elle a tenu bon, comme elle le pouvait, jusqu’au bout.
Au fil de mes recherches, j’ai eu l’impression de mieux la connaître, même si je ne l’ai jamais vue.
Aujourd’hui, elle ne disparaît plus dans les archives mais elle redevient une mère, une fille, une femme qui a compté.
Et quelque part, en racontant son histoire, j’ai l’impression de lui rendre enfin la place qu’elle n’a jamais eue de son vivant, une place qu’elle mérite, parce que son histoire mérite d'être racontée et de rester dans nos mémoires.
Pour vous situer dans mon arbre généalogique, voici le détail des générations :
3ème génération : Madeleine Ernestine THIBAULT (1904-1935), épouse de Marcel Louis BAILLY,
↓
2ème génération : Louise BAILLY (1926-1995), épouse de Julien BLAINVILLE,
↓
1ère génération : Lucien Albert BLAINVILLE (1956-2001), époux de Corine BLÉ,
↓
Natacha BLAINVILLE.
J'aimerais savoir ce que vous pensez de son histoire et si vous avez des expériences similaires dans votre propre famille.
Partagez vos expériences dans les commentaires !
Il y a plusieurs similitudes avec l'histoire de ma grand-mère paternelle. Détail je suis née un 3 novembre. Ma grand-mère Renée et son frère Henri sont nés à Paris de père.s inconnus. A la mort de leur mère, Ils avaient 7 et 2 ans. Je ne sais pas qui les a élevé? ils avaient de la famille à Montreuil sous bois et à Bagnolet. Plusieurs de ces personnes étaient chiffonniers. Mon père étant dcd en 1960, c'est en faisant des recherches généalogiques que j'ai appris cela
RépondreSupprimerMerci pour votre message. Votre histoire ressemble beaucoup à celle de ma famille. Les parcours comme ceux‑là sont souvent difficiles à retracer. Si vous voulez en parler ou comparer nos recherches, ce sera avec plaisir.
SupprimerBonsoir,
RépondreSupprimerj apprécie vous lire , bravo à vous 👏
Tres bonne soirée
Merci beaucoup ! Belle soirée à vous aussi.
SupprimerBonjour, vous racontez bien histoire de votre Arrière Grand-Mère, merci de la partager. C'est lui rendre hommage et quelque part lui donner l'importance qu'elle mérite éternellement. Cette période à été très rude surtout quand une femme se retrouvait seule avec des enfants jeunes.
RépondreSupprimerUn Roman m'a fait découvrir la Généalogie en 2019 sur ma Famille, depuis j'ai découvert des histoires dont une touchante aussi, je la raconte sur sa fiche dans mon arbre généalogique via Geneanet. Il s'agit de la sœur de mon AGMP Marie Ange Françoise NIZAN Dite Angèle née en 1872 au Bois-Martin en GOVEN en ILLE ET VILAINE, partie pour PARIS en 1892.
Il est trop tard pour que je vous raconte toute l'histoire ce soir, mais dès que je peux je ferai un copier coller de mes notes et je l'es posterai ici.
Cordialement.
Merci pour votre message. C’est vrai que ces histoires montrent combien ces périodes ont été difficiles, et surtout pour les femmes seules avec de jeunes enfants. Je lirai avec intérêt l’histoire d’Angèle quand vous la partagerez ici. Belle soirée à vous.
SupprimerMerci de partager votre histoire et de rendre vivant nos anciens. Le récit de votre arrière grand-mère est prenant, elle etait une femme combative et qui mérite qu'on lui rende hommage.
RépondreSupprimerTout comme vous, je creuse dans les archives, les journaux, etc pour rendre mes ancêtres vivants et mieux connaitre leur histoire, leur rendre hommage et qu'ils ne sombrer pas dans l'oubli, car sans eux nous ne serions pas là. Et je me surprends parfois à les imaginer.
Au plaisir de vous lire encore,
Bien à vous,
Vanessa
Merci à vous. Vous avez raison, la généalogie permet vraiment de redonner vie à nos anciens et de préserver leur histoire. Merci encore pour votre retour. Bon dimanche à vous.
SupprimerEncore un beau et émouvant récit, merci ! Comme la vie des humbles était dure et précaire il y a un siècle !
RépondreSupprimerMerci pour votre message
SupprimerBonjour mon père aujourd’hui décédé a commencé l’arbre familial vers 1990. Je l’ai terminé même si ce n’est jamais fini et maintenant je fais des recherches pour mes amis et les amis de mes amis…
RépondreSupprimerDes histoires comme celle que vous racontez, très émouvantes, j’en ai vu beaucoup….mais surtout à Paris qui est de loin la ville où j’ai trouvé le plus d’enfants nés hors mariage, de père inconnu ou pas, reconnus ou pas, abandonnés ou pas, nés dans les quartiers populaires mais pas que
Ceux de Paris étaient placés dans la Nièvre, ceux de Lyon, en Ardèche…
Un jour parce que je disais que ces femmes n’avaient pas eu la vie facile, il m’a été répondu : « elles n’avaient qu’à serrer les cuisses » 😡😡😡😡 la bêtise humaine a de beaux jours devant elle
Bonjour, effectivement, des histoires comme celle-ci arrivaient très souvent, mais tout n’est pas dit dans cet article. La suite sera expliquée dans l’article de mon arrière-grand-père, actuellement en cours d’écriture. Mais il est vrai que la bêtise humaine ne s’arrêtera pas, Malheureusement, beaucoup ne comprennent pas ce que les aînés ont dû subir et vivre. Bonne journée à vous.
SupprimerBonjour,
RépondreSupprimerBravo encore pour tout ce travail de recherche et pour cette belle histoire triste. Je me permets de vous poser plusieurs questions (qui m'aideront à raisonner pour moi-même), si vous me permettez : avez-vous penser publier un ouvrage retraçant la vie de vos aïeux ? Si oui, comment allez-vous lier ces belles histoires entre elles ? Partiriez-vous de votre position dans l'arbre ?
Merci pour vos éventuelles réponses.
Bonjour, merci pour votre message. Pour répondre à votre question, cette idée m’a déjà traversé l’esprit, mais c’est un projet futur auquel je pense, qui reste encore assez flou pour le moment.
SupprimerBonsoir c est toujours tres intéressant a lire vos récits sur votre famille et je vous souhaite de trouver la partie qui vous manque sur le récit Bonsoir,
RépondreSupprimerc'est toujours très intéressant à lire vos récits sur votre famille et je vous souhaite de trouver la partie qui vous manque sur l histoire concernant Madeleine.
je vous souhaite une tres bonne fin de journée de la vie concernant Madeleine
Merci beaucoup, passez également une belle soirée.
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