Un héritage Breton : la vie de Jean Vincent BOUVIER

Aujourd’hui, je vais vous raconter l’histoire de mon arrière-arrière-grand-père maternel, Jean Vincent BOUVIER, qui voit le jour le 14 avril 1860 à Limerzel, un petit village de la Bretagne, précisément dans le  Morbihan. Fils de Jean Marie BOUVIER et de Marie Julienne JOSSO GUÉNÉGO. Il est l’un des quatre enfants de cette famille, ils sont tous des garçons.
Il est intéressant de noter que Jean Vincent n'aura jamais rencontré ses grands-parents, tant du côté maternel que paternel, car tous étaient décédés avant sa naissance. Cette situation, assez courante, montre les épreuves que de nombreuses familles ont pu vivre à cette époque.
Grandissant dans un environnement où l'artisanat est valorisé, il est destiné à devenir cordonnier, tout comme son père et ses frères. Jean Vincent a appris à transformer le cuir en chaussures et en bottines, contribuant ainsi au confort des foyers de sa région. Il se peut que certaines de ses œuvres soient entre les mains de quelqu'un. Si tu as un de ses objets, fais le moi savoir.  
Source : 
Google Image. 
En 1880, âgé de 20 ans, Jean Vincent BOUVIER est appelé à faire son service militaire. Son dossier, témoin précieux de son époque, révèle ses traits physiques (doc.1). À la fin de cette période, il obtient une attestation de bonne conduite, prouvant son sérieux et son engagement envers son pays.

Pour ceux qui ne le savent pas, voici quelques informations sur les fiches de matricules militaires : 

Ces fiches contiennent l’état civil complet de la personne, incluant son domicile, sa profession et les noms de ses parents. Elles fournissent également d’autres détails importants, tels que la description physique, les différents corps d’affectation, les adresses successives, le parcours militaire, les blessures, les citations, les décorations, ainsi que les campagnes militaires (que ce soit à l’étranger ou à l’intérieur du pays). On y trouve aussi des informations sur d’éventuelles condamnations.

De plus, le degré d’instruction est classé de 0 à 5 :

  • 0 : ne sait ni lire ni écrire
  • 1 : sait lire
  • 2 : sait lire et écrire
  • 3 : instruction primaire
  • 4 : brevet d’instruction primaire
  • 5 : bachelier et licencié
doc.1 : Source : 
Le 14 mai 1882 est un jour certainement spécial dans la famille BOUVIER. Joseph, le frère de Jean Vincent, épouse Désirée Marie LE JALLÉ, elle est la sœur de Jeanne Marie qui deviendra quelques années plus tard l'épouse de Jean Vincent. Ce jour-là, un lien unique se crée entre ses deux familles. J'imagine mes ancêtres célébrant ensemble ce mariage, et partageant des moments de bonheur. C'est sans doute lors de cette belle célébration que Jean Vincent a rencontré celle qui partagerait son destin et qui deviendra mon arrière-arrière-grand-mère.
C'est le 27 avril 1887, à la mairie de Limerzel, que Jean Vincent épouse enfin Jeanne Marie LE JALLÉ, originaire de Questembert et aubergiste à Limerzel. Entourés de leurs parents et de leurs frères, ils célèbrent une union marquée par l'amour et l'engagement, qui leur permettra de fonder une famille. Ils auront huit enfants, dont un seul mort-né, tandis que les autres atteindront l'âge adulte.
Après leur mariage, le couple s’installe à Saint-Martin-sur-Oust, une commune située à environ 25 kilomètres de Limerzel. À cette époque, la vie dans cette région rurale est marquée par une agriculture prospère et une forte communauté artisanale. Le couple y passe près de dix ans, construisant leur vie ensemble dans un environnement paisible, loin des agitations des villes plus grandes. Vers 1894-1895, le couple décide de retourner à Limerzel, où ils retrouveront leurs racines. Ce retour à Limerzel ouvre un nouveau chapitre de leur vie, renforçant les liens familiaux et leur engagement. 
Source : Delcampe.net
Cependant, le malheur ne tarde pas à frapper. Le 4 août 1897, il perd sa mère âgée de 76 ans, suivi de la mort de son frère Pierre, le 26 décembre de la même année, qui n'avait que 44 ans. La douleur se fait plus vive encore lorsqu'il perd son enfant né sans vie, le 14 juillet 1900. 
En 1901, c’est son père, âgé de 78 ans, qu’il perd à son tour. Un coup dur pour cet homme de famille attaché à ses racines.

Cette année-là, malgré les épreuves, la vie continue et je retrouve Jean Vincent et sa famille dans les registres de recensement à Limerzel (doc.2).

doc.2 : Source : 
En 1902, Jean Vincent effectue une période d’exercice au service des gardes des voies de communication, un service essentiel à l’époque, chargé de veiller sur la sécurité des routes, des chemins de fer et des voies navigables. Son engagement montre son sens du devoir et de l’importance qu’il accorde à la protection de sa famille et des autres.
Source : 
Google Image. 
Les années passent, en 1913, sa fille aînée Léontine se marie. Entre 1914 et 1918, la Première Guerre mondiale bouleverse la France, et la Bretagne n’a pas été épargnée. Bien que mon arrière-arrière-grand-père ait été d’une génération plus âgée, ses enfants ont sans doute ressenti les effets de la guerre, que ce soit par le départ des hommes au front ou par les difficultés de la vie quotidienne. En 1917, son fils Jean François s’unit à son tour, mais la souffrance revient en 1918 lorsque Jean Vincent doit enterrer ce fils, décédé seulement à l’âge de 28 ans. Ce chagrin le touche profondément, mais il continue à célébrer les mariages de ses autres enfants : Alphonse François en 1921, de Jeanne Marie en 1923, et de Germaine Jeannine en 1925. Et en 1935, le mariage de Joséphine Eugénie avec Jean MEICHELBECK, qui sont mes arrière-grands-parents. Au fil des décennies, la famille BOUVIER s’agrandit avec l’arrivée de petits-enfants. Jean Vincent et Jeanne Marie prennent plaisir à voir leur descendance grandir, transmettant avec fierté leur héritage familial.
Le 28 juin 1939, c’est dans le calme de son domicile à Limerzel que Jean Vincent BOUVIER s'éteint à l'âge de 79 ans. À l'aube de la Seconde Guerre Mondiale. Son décès marque la fin d’une époque. 
Source : 
Bénévole, Brigitte. 
Son histoire, comme celles de tant d'autres montre l'importance de se souvenir de nos ancêtres et de transmettre leurs récits. À travers son histoire, nous découvrons les racines d’une famille Bretonne qui a su traverser les tempêtes du temps, rappelant à chacun d’entre nous l’importance de se souvenir de ceux qui ont forgé notre présent. En partageant son histoire, j'honore sa mémoire. Que son récit inspire les générations futures.


Je tiens à remercier encore une fois Brigitte LE G..., une bénévole sur Facebook qui m'a aidée dans mes recherches. Grâce à son engagement, j'ai pu comprendre l'histoire de ma famille, notamment en me fournissant plusieurs actes d'état civil. Son soutien a énormément enrichi ma quête généalogique. Merci, Brigitte, pour votre gentillesse et votre temps que vous m'avez partagé ! 


Pour vous situer dans mon arbre généalogique, voici le détail des générations :

4ème génération : Jean Vincent BOUVIER  (1860-1939), époux de Jeanne Marie LE JALLÉ (1864-1942)
                                                
3ème génération : Joséphine Eugénie BOUVIER (1898-1941), épouse de Jean MEICHELBECK (1882-1965), 
                                                
2ème génération :  Micheline MEICHELBECK (1931-1992)concubine de Guy Blé (1937-1966),
                                                
1ère génération :   Corine Blé, épouse de Lucien Albert BLAINVILLE (1956-2001), 
                                                
                                 Natacha BLAINVILLE.


#généalogie #bretagne


J'aimerais savoir ce que vous pensez de son histoire et si vous avez des expériences similaires dans votre propre famille. 


Partagez vos expériences dans les commentaires ! 






Commentaires

  1. tres bien fais courage louisette

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  2. J'aime beaucoup la Bretagne, vous détaillez clairement vôtre ancêtre. Bravo.

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  3. Savez-vous de quoi est mort son fils Jean François ? A-t-il été blessé durant la guerre ?

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    1. En ce qui concerne son matricule ou son acte de décès, il n’est pas indiqué qu’il soit mort pour la France. Selon l’acte de décès, il serait décédé à son domicile, mais je n’ai pas d’autres informations à ce sujet.

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  4. C'est un bon travail, je te conseille cependant de ne pas trop te projeter sur les éventuels sentiments amour, tristesse, chagrin, si tu veux rester au plus près de la généalogie, sauf bien sûr si ces infos sont parvenues jusqu'à toi.

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  5. Merci pour votre retour. Je prends note de votre conseil. Il est vrai que je laisse parfois mes émotions personnelles influencer mon écriture.

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  6. Bonjour. J'aime vous lire. Continuez .

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  7. L’histoire de Jean Vincent BOUVIER est intéressante et touchante, et j’aime la manière dont vous avez intégré des détails sur sa vie, ses épreuves et ses relations familiales. Cela donne une belle profondeur à votre récit. BRAVO.

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