Portrait d’un ancêtre du 17ème siècle

Antoine SAINT OUEN

Aujourd’hui, je vais vous faire découvrir l'histoire d'un ancêtre de ma branche paternelle du 17ème siècle. Antoine SAINT OUEN, né le 5 juin 1667 à Criquebeuf-sur-Seine, fils d’Antoine SAINT OUEN et d’Isabeau DAUTRESME. Antoine est marqué dès son jeune âge par des tragédies familiales. À peine âgé d'un an, il perd son grand-père maternel, Paul DAUTRESME, décédé le 26 avril 1668, âgé d' environ 59 ans. Dix jours après la naissance de son frère Jacques, le 17 avril 1678, Antoine, âgé de 10 ans, voit sa mère, Isabeau DAUTRESME,  décéder à l'âge de 35 ans, peut-être à la suite de complications liées à l'accouchement. Cette perte laisse Antoine face à de grandes difficultés. Sa grand-mère maternelle, Isabeau OLIVIER, décède également le 22 janvier 1684, à environ 70 ans, ajoutant une nouvelle douleur à son jeune parcours. 

Le 11 novembre 1687, Antoine se marie avec Anne DESMONT à Criquebeuf-Sur-Seine. Ensemble, ils auront dix enfants, dont une paire de jumeaux, une fille et un garçon qui, malheureusement, ne survivront pas, et seuls cinq des enfants atteindront l'âge adulte. Ce parcours familial est marqué par des joies, mais aussi par des douleurs, représentant la réalité des familles de l'époque.  

Au cours de sa vie, Antoine fait face à des événements marquants. Le 13 juin 1692, il déclare le décès de son père, inhumé le lendemain au cimetière de la paroisse de Criquebeuf-sur-Seine, un moment certainement difficile. Le 26 octobre 1705, il sera présent et témoin au mariage de sa sœur Margueritte. Malheureusement, il perd son frère Jacques le 6 décembre 1709, à l'âge de 31 ans. Cette année-là, le "Grand Hiver" sera gravé dans l'histoire et dans les mémoires.

Source : 
Google Image. 
Le "Grand Hiver" est un événement climatique extrême qui a touché l'Europe. Ce froid intense a débuté à l'automne 1708 et s'est intensifié au cours de l'hiver 1709, il a été l'un des plus froids de l'histoire européenne. Les températures ont chuté au point de geler les rivières, y compris la Seine et d'autres cours d'eau, rendant impossible le transport maritime et coupant les voies d'approvisionnement. Les conséquences de ce grand froid ont été désastreuses. Les récoltes ont été anéanties, et de nombreuses familles se sont retrouvées dans une situation de famine. Les denrées alimentaires devenaient rares, et les prix des aliments ont grimpé en flèche, rendant la vie insupportable pour de nombreuses personnes. Les conditions de vie difficiles ont également entraîné une augmentation des maladies. Ce contexte compliqué a sans doute pesé sur la vie quotidienne d'Antoine et de sa famille, qui ont dû faire face à des défis supplémentaires pour subvenir à leurs besoins. 

Source : 
Archive Départementale, 
Remarque du 
Prêtre curé Bernard LE BRUN, 
de la Paroisse de Criquebeuf-sur-Seine. 
Transcription de la remarque :
"En la presente année 1709, le sixième jour de janvier,
jour des roys en venant sur le sept, il commença une gelée
et ensuite une si grande abondance de neige que tout fut
gelé. Les arbres tant pommiers, poiriers, noyers, peschers, abricot
moururent pour la plus part. Les bleds des campaignes furent 
perdus en sort qu'au mois de may on les voyoit deserté. On fut 
obligé de semer des orges au lieu de bled, ce qui causa une si 
grande disette pendant les années 1709 et 1710. Le bled valloit
cinquante livres, l'avoine à Elbeuf 60 et 70 Lt (livres tournois), à Louviers l'orge 8 Lt
et les autres grains à proportion. Le sildre valloit cinquante ecus,
le tonneau de vin jusqu'à 200 Lt, le muids le [le moindre?] 59 ecus. 
Il n'y avoit homme vivant qui n'eut veu une telle misere."

Source : 
Google Image.
Antoine sera présent et consentant aux mariages de ses enfants : le 30 janvier 1712 pour sa fille Anne, le 28 février 1718 pour sa fille Marie, le 9 février 1728 pour son fils Noël, et le 16 novembre 1728 pour son fils Antoine. Malheureusement, il ne pourra pas assister au mariage de son fils Pierre, car il est décédé avant. Un détail touchant que j'ai remarqué pendant mes recherches est que les fils d'Antoine semblent proches, car ils sont toujours réunis lors des mariages et cérémonies, témoignant de leurs liens familiaux et de leur loyauté.
Antoine SAINT OUEN décède le 9 octobre 1731 à Criquebeuf-sur-Seine, âgé de 64 ans. Sa femme, Anne DESMONT, âgée d'environ 65 ans, ne survit pas longtemps après lui, mourant le 27 février 1732, peut-être de chagrin suite à la perte de son époux et des autres proches. Leur histoire montre les défis émotionnels auxquels de nombreuses familles étaient confrontées à l'époque.  
Antoine est désigné comme "Sergent" sur son acte de décès (doc.1), et a probablement exercé des responsabilités liées à la gestion des ressources naturelles, telles que les forêts. Bien que les détails précis de son rôle ne soient pas connus, il est raisonnable de penser qu'il était impliqué dans la surveillance et la protection de ces ressources.
L'histoire d'Antoine SAINT OUEN n'est pas seulement celle d'un homme, mais celle d'une famille confrontée à des tragédies, des luttes et des joies. Elle nous rappelle l'importance de la famille, ainsi que l'époque historique dans laquelle nos ancêtres ont vécu.
doc.1 Source : 
Archive Départementale. 

Pour vous situer dans mon arbre généalogique, voici le détail des générations :

10ème génération : Antoine SAINT OUEN (1667-1731), époux de Anne DESMONT,
                                                
9ème génération : Noël SAINT OUEN (1699-1766),  époux de Anne OLLIVIER,
                                                ↓                       
8ème génération : Noël Jacques SAINT OUEN (1736-1811), époux de Françoise LANGLOIS, 
                                                ↓
7ème génération : Jacques Aimable SAINT OUEN (1775-1841), époux de Marie Thérèse PERRAY,
                                                ↓
6ème génération : Aimable SAINT OUEN (1800-1887), époux de Marie Catherine LETELLIER,
                                                ↓
5ème génération : Alexandrine Elisa SAINT OUEN (1834-1869), épouse de Romain FOURCAMPREY,
                                                
4ème génération : Eugénie FOURCAMPREY (1858-1829), père Inconnu, enfant naturel, 
                                                
3ème génération : Blanche Charlotte FOURCAMPREY (1891-1925), épouse d'Ernest BLAINVILLE, 
                                                
2ème génération : Julien BLAINVILLE (1921-2005), époux de Louise Lucienne BAILLY,
                                                
1ère génération :   Lucien Albert BLAINVILLE (1956-2001), 
                                                
                                 Natacha BLAINVILLE.


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J’aimerais savoir ce que vous pensez de son histoire et si vous avez des expériences similaires dans votre propre famille. 



                                    N’hésitez pas à commenter et à partager cet article.







Commentaires

  1. Bravo pour cette histoire et pour vos résultats de recherche

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  2. Votre histoire est extrêmement documentée. C'est une chance pour vous mais aussi un travail énorme. Vous êtes admirable.

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  3. Bravo pour vos recherches qui remontent bien avant la Révolution.
    Et la vie de toute une famille avec ses joies et ses tragédies, traversant une terrible période de l'histoire est fort émouvante. Merci d'avoir partagé le lien de votre blog.
    Michèle CURELLI

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    1. Merci beaucoup, je reconnais j'adore chercher et savoir.

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  4. Un récit touchant et bien documenté sur Antoine SAINT OUEN. Bravo pour votre travail !

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  5. Formidable travail de recherche et d’écriture. J’aime beaucoup vous lire. Félicitations

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    1. Merci beaucoup, c'est avec plaisir que je partage mes recherches.

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  6. Le froid est communicatif à la lecture de ce billet. La vie était plus difficile à cette époque.

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    1. Il est vrai que la vie à cette époque n’était pas facile. Je suis admirative de mes ancêtres pour leur force et leur détermination face aux épreuves. Merci à vous de me lire.

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