Un Ancêtre Révélé par l’ADN : Gustave Léoni CONSEILLE
Aujourd’hui, je vais vous raconter l’histoire de mon arrière‑arrière‑grand‑père paternel, Gustave Léoni CONSEILLE. Pendant longtemps, je ne savais pas qui il était. Dans ma famille, personne ne parlait de lui et son nom n’était jamais mentionné. Rien ne laissait penser qu’il faisait partie de ma lignée directe. C’est grâce à mes recherches et surtout à l’ADN avec plusieurs correspondances génétiques, que j’ai pu remonter jusqu’à lui. L’ADN m’a apporté la confirmation qui me manquait. Grâce à ce résultat, j’ai enfin pu comprendre que Gustave faisait bien partie de ma lignée directe.
Gustave Léoni CONSEILLE est né le 14 février 1857 au domicile de ses parents à Villers‑en‑Prayères, dans le département de l’Aisne. Il est le fils de François Auguste CONSEILLE, manouvrier, et de Marie Alphonsine Cécile GUITTON. Son père déclare cette naissance le jour même, accompagné de son fils, issu d'un premier mariage, Félix Gustave CONSEILLE, âgé de 22 ans, manouvrier, et d’un voisin nommé Jean‑Jacques BRISMONTIEZ, âgé de 56 ans, maréchal ferrant.
Gustave grandit dans une fratrie nombreuse, avec ses demi‑frères et demi‑sœurs nés du premier mariage de son père.
À l’âge de 19 ans, il perd son père, François Auguste CONSEILLE, âgé de 64 ans.
Le 18 novembre 1882, à Longueval, un village situé à quelques kilomètres seulement de Villers‑en‑Prayères, Gustave Léoni CONSEILLE a 25 ans, et il est domestique. Ce jour, il épouse sa première femme, Marie Catherine DÉCHATILLON, originaire du département de la Meuse. Sa mère, Marie Alphonsine Cécile GUITTON est présente et consentante à la cérémonie. Aucun contrat de mariage n’est fait par le couple. Le jour de leur mariage, ils déclarent qu’un enfant est né d’eux, le 11 mai 1880, dans la commune de Delut, dans le département de la Meuse, sous le nom de Marie Félicité DÉCHATILLON. Ils légitiment donc leur fille pour qu’elle soit officiellement reconnue.
Cette enfant est bien légitimée lors du mariage, mais les registres, dans les années qui suivent, me montrent qu’elle reprend le nom de jeune fille de sa mère.
L’acte me confirme que Gustave Leoni sait signer.
Source :
Archive Départementale.
Le 5 décembre 1883, sa fille Mélanie Marie CONSEILLE vient au monde. Gustave se rend à la mairie de Longueval le jour même pour déclarer la naissance. À ce moment là, il travaille comme manouvrier.
Le 25 avril 1886, une autre fille arrive, Lucie Ildegonde CONSEILLE. Le lendemain, Gustave retourne à la mairie pour la déclarer, mais cette fois, deux voisins l'accompagnent, Théodore Eugène BLANCHARD, 57 ans, propriétaire, et Alphonse COLLARD, 39 ans, scieur de long. Sur cet acte, il est domestique.
Vers 1888, Gustave quitte le domicile conjugal. Et c'est là que tout devient clair pour moi, c'est mon premier indice avant de pouvoir confirmer qu'il est bien de ma lignée directe.
Le 10 janvier 1889 naît une autre fille, Maria Léonie CONSEILLE. Cette fois, Gustave ne déclare pas la naissance. Sur cet acte, il est noté comme “actuellement absent de son domicile”. C’est la sage‑femme de Longueval qui se rend à la mairie pour faire la déclaration de cette naissance. Malheureusement ce foyer se défait peu à peu, mais je ne retrouve aucune trace d’une séparation officielle.
Le 15 septembre 1890, voit le jour dans la commune de Concevreux, Margueritte Léonie SERGENT. Sur cet acte de naissance, l'enfant est déclarée être la fille de Marie Irma BAILLY et de Édouard Philémon SERGENT, mais il en est tout autre. Le jugement de divorce rendu la même année contre Marie Irma rétablit la vérité, le père de l'enfant est Gustave Léoni CONSEILLE. Margueritte vivra jusqu’en 1985.
C’est ce document qui me confirme pour la première fois que Gustave a fondé une seconde famille, même si son nom n’apparaît pas vraiment sur l’acte.
Un extrait de jugement, que l’on peut retrouver son intégralité dans l’article de Marie Irma BAILLY :
Le 7 février 1892, une autre fille vient au monde toujours à Concevreux, Emma Blanche SERGENT. Son acte de naissance ne mentionne pas Gustave, mais les documents de l'époque me prouvent qu'il est son père. Emma ne portera jamais son nom. Elle décède en 1980.
J’apprends, grâce toujours à ce jugement de divorce, conservé dans les registres de Serval, que Gustave a été condamné pour adultère le 1 avril 1892 par le tribunal correctionnel de Laon.
Le 26 juin 1894, sa mère, Marie Alphonsine Cécile GUITTON, décède à l’âge de 80 ans dans la commune de Longueval. Je n’ai aucune information me permettant de savoir si Gustave était présent à son inhumation.
Quelques mois plus tard, le 18 août 1894, dans la commune de Roucy, naît un enfant nommé Henri Lucien BAILLY (1894-1917), de "père non dénommé". Aucune mention administrative ne me précise qui est le père mais je suis certaine que Gustave l'est. Malheureusement, Henri est mort pour la France sur le champ de bataille de Verdun, sans descendance.
Google Image
Dans cet article, retrouvez l’hommage à nos ancêtres morts pour la France :
Le 21 février 1896, je retrouve enfin officiellement la trace de Gustave. Il se rend à la mairie de Roucy, où il y demeure. Gustave est accompagné de la mère de l'enfant, Marie Irma BAILLY, pour déclarer la naissance de Léon Octave BAILLY dit Fernand (1896-1943), né la veille. Sur cet acte, aucun père n’est mentionné, mais Gustave déclare avoir assisté à l’accouchement. Il est domestique à cette période.
Le 16 octobre 1899, Gustave se rend à la mairie de Villeneuve-Saint-Germain, pour déclarer la naissance de Marie Gabrielle BAILLY, née la veille, et toujours de "père non dénommé" et de Marie Irma BAILLY. Sur cet acte, j'ai un indice de plus, il est indiqué que Marie Irma vit dans la demeure du comparant. Cela me laisse penser qu’ils sont en couple, mais toujours pas officiellement. J'y découvre également, que Gustave est devenu camionneur de métier.
Le 12 mars 1901, Gustave apparaît de nouveau dans les registres de Villeneuve‑Saint‑Germain. Il déclare la naissance, survenue la veille, de Marcel Louis BAILLY, mon arrière‑grand‑père. L’enfant est né de "père non dénommé" avec Marie Irma BAILLY. L’acte indique encore que Marie Irma réside chez lui. À cette date, Gustave est manouvrier.
Le 24 mars 1902, son nom revient dans les registres de la même commune. Il déclare la nouvelle naissance de Henri Désiré BAILLY, né la veille. L’enfant est né de "père non dénommé" avec Marie Irma BAILLY. Comme précédemment, l'acte précise que Marie Irma habite au domicile de Gustave, qui est toujours manouvrier de profession.
Quelques semaines plus tard, le 18 avril 1902, Gustave déclare le décès de Henri Désiré BAILLY. Un bébé parti bien trop tôt, il n’a même pas vécu un mois. Malheureusement, à cette époque, beaucoup d’enfants ne dépassaient pas leurs premières semaines de vie.
Le 22 mai 1903, Gustave se rend à la mairie de Villeneuve‑Saint‑Germain pour la naissance de René Prince BAILLY, né la veille. L’enfant est né de "père non dénommé" avec Marie Irma BAILLY. L'acte me précise encore que Marie Irma vit chez Gustave.
Hélas, le 26 juin 1904, René Prince s’éteint à son tour, à peine âgé de un an. Gustave a 47 ans, il est toujours manouvrier, et c’est lui qui va à la mairie pour déclarer le décès.
Le 18 septembre 1904, quelques mois plus tard, Marthe Raymonde voit le jour. Gustave déclare sa naissance à la mairie de Villeneuve‑Saint‑Germain. Elle est née la veille, de "père non dénommé" et de Marie Irma BAILLY. L’acte indique encore que celle-ci vit chez lui. Gustave est toujours manouvrier.
Le 7 juin 1905, sa fille Marie Mélanie CONSEILLE épouse Gaston Paul Eugène BLANCHARD à Longwy, dans le département de la Meurthe‑et‑Moselle. Il donne son consentement au mariage par un acte passé devant le maire de sa nouvelle commune. Et je sais qu'il travaille comme domestique de labour.
En lisant cet acte, j’apprends que Gustave ne vit plus à Villeneuve‑Saint‑Germain mais il s’est installé à Bucy‑le‑Long, un village situé à quelques kilomètres, toujours dans le département de l'Aisne.
Le 18 juillet 1905, il se rend à la mairie de Bucy‑le‑Long pour déclarer le décès de Marthe Raymonde BAILLY, survenu la veille à son domicile, où il vit toujours avec Marie Irma BAILLY.
Un an plus tard, le 16 juillet 1906, Gustave retourne à la mairie de Bucy‑le‑Long pour déclarer la naissance de Fernande Céline BAILLY. Il est redevenu manouvrier.
Le 15 décembre 1908, Gustave accompagné de la sage‑femme du village, Pauline BATTEFORT, se rend à la mairie de Bucy‑le‑Long, pour déclarer la naissance de Suzanne Lucie BAILLY, née la veille à son domicile. L’acte mentionne encore de "père non dénommé", et précise que Marie Irma BAILLY vit toujours chez Gustave Léoni CONSEILLE.
Le 17 novembre 1910, Gustave retourne à la mairie pour déclarer la naissance, survenue la veille, de Hélène Céline BAILLY. Il est toujours manouvrier.
Le 14 août 1911, malheureusement cet enfant décède. Gustave, toujours domicilié à Bucy‑le‑Long, fait la déclaration à la mairie. Sur cet acte, il est clairement indiqué que le couple vit ensemble au même domicile.
Le 25 mars 1912, je retrouve Gustave à Pantin, dans le département de la Seine‑Saint‑Denis. Il a 55 ans et travaille comme charretier. Il est présent au mariage de sa fille Margueritte Léonie SERGENT avec Jules Louis Alfred MALOT, où il est témoin et désigné comme "ami de l’épouse".
Je me demande si elle savait qu’il était son père ? Quoi qu’il en soit, il a fait le déplacement pour assister à la cérémonie.
Ces présences répétées me montrent une famille unie, malgré l’absence de reconnaissance paternelle et légale. Les documents parlent d’eux-mêmes, il est leur père, même si la loi ne l’a jamais inscrit ainsi.
Un an plus tard, le 19 avril 1913, je retrouve Gustave présent au mariage de sa fille Emma Blanche SERGENT, où il est également témoin. Elle épouse Julien BÉNICOURT. Sur l’acte, Gustave apparaît comme "l’oncle de l’épouse". À cette période, il est manouvrier et réside à Soissons.
Pendant la Première Guerre mondiale, je perds totalement la trace de Gustave. Je le retrouve seulement dans le recensement de l'année 1921, dans la commune de Venizel. Il y apparaît comme le chef de famille et travaille comme manouvrier chez DESMARAIS. Marie Irma est indiquée comme "la bonne", et les enfants, Marcel, Fernande et Suzanne vivent avec le couple.
Source :
En 1926, toujours dans les recensements, à la rue Morte dans la commune de Venizel, je retrouve Gustave. Il est encore manouvrier chez DESMARAIS et il reste indiqué comme chef de famille. Cette année‑là, l’administration mentionne enfin officiellement que Marie Irma BAILLY est "sa concubine". Suzanne, "leur fille" vit encore avec le couple. Je me demande pourquoi, après plus de trente ans de vie commune, ils n’ont jamais régularisé leur union plus tôt.
À l’âge de 73 ans, le 23 novembre 1930, Gustave enterre Marie Irma BAILLY, celle avec qui il a vécu et fondé une famille durant toutes ses dernières années.
Dans le recensement de l'année 1931, toujours à Venizel, Gustave vit chez son fils, Léon Octave BAILLY dit Fernand BAILLY. Il travaille encore comme manouvrier chez DESMARAIS. Détail important, il est mentionné cette fois comme le "beau‑père".
Pour ceux qui souhaitent en découvrir davantage sur le village de Venizel : Histoire
Source :
Malheureusement, après ce recensement, je ne retrouve plus aucune trace de Gustave. C’est comme si son histoire s’arrêtait là, d’un coup. J’imagine qu’il est décédé entre ce dernier recensement et celui de 1936, mais sans document, je reste dans l’incertitude, et je me demande s’il a su ce qui s’est passé avec Marcel Louis BAILLY, son fils, en 1932.
Si quelqu’un a la moindre information, un acte, un lieu, un petit indice, je suis preneuse. Même un petit détail pourrait m’aider à comprendre ce qu’il est devenu.
Source :
Généré par IA
Gustave Léoni CONSEILLE a longtemps été un homme sans nom dans ma généalogie. Aujourd’hui, je connais enfin son chemin, ses choix, ses enfants, ses absences, ses silences. Son parcours, longtemps invisible, il me réapparaît grâce aux archives… et surtout grâce à l’ADN.
J’ai réussi à retracer presque toute sa vie. Il laisse une descendance nombreuse, dont très peu portent son nom, mais tous portent son histoire.
Il me reste encore cette zone d’ombre autour de sa fin de vie, mais je continue de chercher. Et tant que je cherche, il continue d’exister.
Son histoire rappelle que nos familles sont faites de chemins inattendus, de choix difficiles, et parfois de secrets. La généalogie permet de les comprendre, sans jugement, avec respect.
Pour vous situer dans mon arbre généalogique, voici le détail des générations :
4ème génération : Gustave Léoni CONSEILLE, concubin de Marie Irma BAILLY,
↓
3ème génération : Marcel Louis BAILLY (1901-1932), époux de Madeleine Ernestine THIBAULT,
↓
2ème génération : Louise BAILLY (1926-1995), épouse de Julien BLAINVILLE,
↓
1ère génération : Lucien Albert BLAINVILLE (1956-2001),
↓
Natacha BLAINVILLE.
J’aimerais savoir ce que vous pensez de son histoire et si vous avez des expériences similaires dans votre propre famille.
N’hésitez pas à commenter et à partager cet article.
L'ADN m'a confirmé que mon GP paternel (dont je porte le nom, évidemment) n'était pas le père biologique de mon père. Celui-ci m'en avait parlé il y a une vingtaine d'années, cela n'aurait donc pas du être une surprise mais un choc malgré tout. Ce même test me donne une piste sur l'origine de mon GP biologique mais cela sous-entends des choses qui ne sont pas forcément sympathiques, peut-être vaut-il mieux ne pas savoir, c'est un dilemme en tout cas!
RépondreSupprimerVotre article est bien intéressant en tout cas!
Merci à vous, effectivement nos recherches nous révèlent parfois de très gros secrets familiaux. Ce n’est pas toujours agréable, mais pour certains cela peut aussi être une libération, et pour d’autres plus difficile à encaisser. Personnellement, j’ai ce besoin de savoir pour avancer. Bon week-end à vous.
SupprimerBravo pour ce très beau travail de recherche. Et bravo pour votre blog toujours très agréable à lire
RépondreSupprimerMerci beaucoup
SupprimerJ'ai aussi deux inconnus dans mes aïeux. si je savais depuis longtemps que un de mes grand-pères et moi n'avions pas les mêmes gènes, ce n'était pas un secret dans la famille, j'ai appris avec surprise au tout début de mes recherches, il y a 16 ans, que mon autre grand-père ne pouvait être non plus mon GP bio. Une simple date, 1ère guerre mondiale, fait prisonnier le ..., sur sa FM, à laquelle je ne croyais pas. C'est après de longues années de recherches et de nouveaux documents découverts récemment et un souvenir remonté à la surface d'une remarque qu'avait fait une personne de la famille (contestation de paternité suite à une succession mais qui n'a pas abouti )qui ont levé les doutes. Il y a quelques années, j'avais envisagé un éventuel test ADN mais je ne le ferai pas, je n'ai plus de doute et n'ai aucunement envie de découvrir qui pourrait bien être ce grand-père biologique...pour le moment.
RépondreSupprimerMerci Claudie pour votre message. C’est toujours intéressant de découvrir les différents parcours en généalogie. Chacun avance comme il le peut, avec les archives ou grâce à l’ADN. Merci d’avoir partagé votre expérience ici. Bon week-end
SupprimerBonjour, merci pour ce partage très intéressant, quel type de test vous avez fait ?
RépondreSupprimerBonjour, merci de me lire, je suis passée par My Heritage.
SupprimerFélicitations pour vos recherches remarquables. Malgré tous les faits que vous avez découverts, que nous considérons chanceux de découvrir en tant que généalogistes, nous découvrons une vie presque dépourvue de joie et de caractère. La vie était dure, nous le savons, mais même les pauvres et la classe ouvrière trouvaient des moyens de s'amuser et de célébrer. Alors que la plupart de ces festivités communautaires de petites villes et villages ont presque disparu, on en observe un renouveau.
RépondreSupprimerMerci beaucoup Christian pour votre message. C’est vrai que la vie était très dure à cette époque.
RépondreSupprimerJe suis contente que mes recherches vous aient intéressé. Belle journée à vous