Un mariage sous le règne de Napoléon
Aujourd'hui, je vais vous raconter un petit bout de l'histoire. Pour une fois, cet article ne concernera pas un de mes ancêtres directs mais plutôt l'un de ses collatéraux. Il s'appelle Jean Guillaume André PINCHON, il est le frère de mon aïeule, Marie Madeleine Françoise PINCHON, et il est le fils de mes aïeux, Jean Jacques PINCHON et Marie Françoise LECOMTE.
Jean Guillaume André PINCHON est né le 9 janvier 1770 à Elbeuf. Il est baptisé (doc.1) dès le lendemain, à la paroisse de Saint-Etienne, dans la même ville. Son parrain est André LECOMTE et sa marraine est Marie Rose PINCHON (le prénom est peu lisible, je ne suis pas certaine que ce soit celui-ci, n'hésitez pas à me le faire savoir si vous arrivez à le déchiffrer).
doc.1 : Source :
Jean Guillaume André PINCHON a grandi dans l'environnement complexe de la Révolution Française, mais ce n'est pas de cet évènement historique que je souhaite vous parler. Je vais plutôt me concentrer sur une autre petite période historique, sous le règne de Napoléon Bonaparte.
Napoléon Ier a signé un décret le 25 mars 1810 pour marquer son mariage avec Marie-Louise d’Autriche. Ce décret avait pour objectif de marier 6 000 militaires avec des filles de leur région d'origine. Ces soldats, qui devaient être à la retraite et avoir participé à au moins une campagne militaire. En contrepartie de ce mariage, ils recevaient une dot de 1 200 francs à Paris, et 600 francs dans le reste de l’Empire.
Pour choisir les militaires et les jeunes filles à marier, un processus bien défini était mis en place. Les conseils municipaux des chefs-lieux de département étaient chargés de sélectionner les candidats. Ils procédaient en faisant des réunions où ils examinaient les dossiers des militaires éligibles et des jeunes filles de la région. Ces décisions étaient ensuite soumises à l'approbation du préfet, qui avait le pouvoir de valider ou de rejeter les choix faits par les conseils.
Dans les villes plus petites, le même processus était suivi, mais la validation des décisions était effectuée par le sous-préfet. Le décret précisait que les communes non citées pouvaient également marier un militaire et une fille de leur village en suivant les mêmes règles.
Source :
Source :
Google Image,
Mariage de Napoléon Bonaparte avec Marie Louise d'Autriche.
À Elbeuf, deux citoyens de cette ville ont été sélectionnés par ce fameux décret. Et devinez quoi ?
Jean Guillaume André PINCHON fait partie de ces élus, aux côtés de Pierre Georges PIGER. Les deux mariages seront célébrés en même temps.
Source :
Acte de mariage des deux sélectionnés,
cliquez sur le lien ci-dessous. Vous les retrouverez à la page 76 et 79.
Le dimanche 29 avril 1810 à 10 h du matin, devant le Maire de la ville d' Elbeuf, Pierre Henry HAYET. Jean Guillaume André PINCHON, âgé de 40 ans et tisserand de métier, qui vit au 5 rue de Notre Dame, avec sa mère, épouse Véronique DUBOCQ, âgée de 24 ans.
Marie Françoise LECOMTE, sa mère, est présente et consentante à cette cérémonie inoubliable, tout comme sa sœur, Marie Madeleine Françoise PINCHON, mon aïeule, accompagnée de son époux, Pierre Louis VÉDIE, qui est mon ancêtre direct. Aussi, Félix REVERT, son cousin maternel, participe à cette célébration, et de nombreux autres témoins, comme le montre leur acte de mariage (doc.2).
Sur l'acte, on peut voir que Jean Guillaume ne sait pas signer, ce qui est assez courant pour cette époque.
Les deux mariages, celui de Jean Guillaume André PINCHON et celui de Pierre Georges PIGER, ont probablement crée une ambiance festive tant pour les familles que pour la ville d'Elbeuf.
doc.2 : Source :
Acte de mariage du couple :
PINCHON & DUBOCQ.
Source :
Registre de table des mariages.
Le couple a plusieurs enfants, et à ce jour, j'en ai compté dix. Je me demande si l'amour entre Jean Guillaume et Véronique est né grâce à ce mariage, ou si leurs sentiments étaient déjà présents. Ils ont vécu toute leur vie à Elbeuf, la ville de ma naissance. Jean Guillaume André PINCHON, bobineur de métier, décède à l'âge de 62 ans, le 19 janvier 1832, à l'hospice d' Elbeuf et son domicile se situe au Hameau du Buquet. Son acte de décès est enregistré et déclaré le lendemain par son beau-père Jean Baptiste DUBOCQ.
Acte de décès de Jean Guillaume André PINCHON.
L'histoire de Jean Guillaume André PINCHON montre combien il est important de se souvenir de nos ancêtres et de leur vécu. Chaque détail que je découvre enrichit ma propre histoire, et chaque génération porte en elle les échos du passé. Non seulement dans mes récits j'honore leur mémoire, mais aussi je préserve notre mémoire familiale.
Pour vous situer dans mon arbre généalogique, voici le détail de mes générations :
8ème génération : Jean Jacques PINCHON (~1735-1795), époux de Marie Françoise LECOMTE,
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7ème génération : Marie Madeleine Françoise PINCHON (1764-1843), épouse de Pierre Louis VÉDIE,
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6ème génération : Pascal Tranquille VÉDIE (1802-1869), époux de Marie Héloïse COUSIN,
6ème génération : Pascal Tranquille VÉDIE (1802-1869), époux de Marie Héloïse COUSIN,
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5ème génération : Pierre Ernest VÉDIE (1852-1939), époux de Marie Angèle NOUVEL,
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4ème génération : Jeanne Marie VÉDIE (1880-1970), concubine de Louis Auguste THIBAULT,
5ème génération : Pierre Ernest VÉDIE (1852-1939), époux de Marie Angèle NOUVEL,
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4ème génération : Jeanne Marie VÉDIE (1880-1970), concubine de Louis Auguste THIBAULT,
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3ème génération : Madeleine Ernestine THIBAULT (1904-1935), épouse de Marcel Louis BAILLY,
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2ème génération : Louise Lucienne BAILLY (1926-1995), épouse de Julien BLAINVILLE,
3ème génération : Madeleine Ernestine THIBAULT (1904-1935), épouse de Marcel Louis BAILLY,
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2ème génération : Louise Lucienne BAILLY (1926-1995), épouse de Julien BLAINVILLE,
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1ère génération : Lucien Albert BLAINVILLE,
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Natacha BLAINVILLE.
1ère génération : Lucien Albert BLAINVILLE,
↓
Natacha BLAINVILLE.
Je serais ravie de connaître vos impressions sur cette découverte et de savoir si vous avez des histoires similaires au sein de votre propre famille.
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C'est la deuxième fois que je lis un article sur ce phénomène des mariages napoléoniens, Cela m'intrigue, je voudrais bien avoir cette chance. Pour l'instant chou blanc
RépondreSupprimerMerci pour votre intérêt ! Qui sait, peut-être que la chance vous sourira bientôt.
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